Du Chiffon à la Cellulose
Jusqu’au début du XIXᵉ siècle, la fabrication du papier reposait presque exclusivement sur l’emploi de chiffons de lin, de chanvre et de coton. Ces fibres longues, souples et résistantes, issues du recyclage textile, étaient collectées par des réseaux urbains de chiffonniers, puis triées, fermentées et défibrées dans des piles à maillets. Ce procédé, bien que garantissant un papier d’excellente qualité, restait lent, coûteux et tributaire de la disponibilité des textiles usagés.
Cependant, avec l’essor de l’imprimerie, de la presse périodique et de l’administration, la demande en papier connut une croissance sans précédent. Cette situation entraîna une pénurie structurelle de chiffons, qualifiée par les contemporains et les historiens de « crise du chiffon », qui marqua profondément la première moitié du XIXème siècle. Pour surmonter cette impasse, les papetiers se tournèrent vers de nouvelles fibres cellulosiques, en particulier le bois.
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PL 1 : PLANCHE I - Études microscopiques des fils de chanvre, lin, coton, laine, soie.
PROUTEAUX Albert, Guide pratique de la fabrication du papier et du carton (Nouvelle édition), J. Hetzel, Paris, 1885




